L'humanisme ambitieux d'Isadora Duncan

  • Julie
  • A lire

Ma vie, Isadora Duncan

51NG9NA3Y0L--AA240-.jpg
Edition Gallimard
(7 septembre 1999)
Collection de poche Folio



Isadora Duncan est bien sûr la danseuse qui a fasciné le monde au début du siècle dernier en inventant une danse expressive, personnelle, sans contraintes ni accessoires superficiels, cette danse que l'on appelle aujourd'hui "danse contemporaine".
Mais Isadora Duncan est avant tout une femme : à la fois libre, séductrice, mère, combattante, aimante, blessée, torturée, aimée, belle, amoureuse, perdue, ambitieuse. C'était une femme d'action, qui ne s'est jamais contentée de rêver. Elle s'est nourrie toute sa vie de l'espoir illimité qu'elle avait pour l'humanité. Sa foi profonde en un avenir ambitieux de paix, de grandeur humaine, de démocratie, auquel elle était convaincue de participer grâce à son art, vaut à elle seule la lecture de ce livre. Elle nous rappelle une époque où les artistes croyaient fermement en la puissance de leur art et de leur enseignement. 
Danseurs ou non, la vie de cette belle aventurière vous fascinera forcément. Dans cette autobiographie, elle se livre totalement, écrivant commen elle dansait : sans artifice, sans prétention, sans contrainte, en toute liberté et avec sincérité. A la lire, on passe du rire aux larmes, et on gagne en courage. Seul point noir du livre : on s'étonne parfois que cette danseuse pourtant très cultivée méconnaissait malheureusement trop la culture noire africaine et américaine, mais je crois qu'elle l'aurait appréciée à sa juste valeur si elle l'avait mieux connue.




En guise d'avant-goût, voici une sélection personnelle d'extraits de ce livre :


pic-abIsadora01.jpg

"Je me réjouis d'avoir été jeune à une époque où les gens étaient moins pleins d'eux-mêmes qu'aujourd'hui, où ils avaient moins la haine de la vie et du plaisir. Pendant l'entracte de Parsifal, les spectateurs buvaient tranquillement de la bière, et cela ne troublait pas leur vie intellectuelle et spirituelle. J'ai souvent vu le grand Hans Richter absorber des bocks avec sérénité, en mangeant des saucisses, ce qui ne l'empêchait pas, un quart d'heure après, de conduire son orchestre comme un demi-dieu, pas plus que cela n'empêchait les consommateurs qui l'entouraient de tenir une conversation d'une portée hautement intellectuelle et spirituelle."



"Dans le corps harmonieusement développé et porté à son point suprême d'énergie pénètre l'esprit de la danse. Pour le gymnaste le mouvement et la culture du corps sont un but en soi, mais pour le danseur ils ne sont que des moyens. Le corps lui-même disparaît alors ; il n'est qu'un instrument bien accordé, et ce sont les sentiments et les pensées de l'âme qu'il exprime." Dionysian-movement.jpg



pic-abIsadora02.jpg "Le peuple a besoin de grands drames, de grande musique, il a besoin d'une grande danse. [...] On m'avait dit : "Si vous jouez une symphonie de Schubert à East Side, cela n'intéressera pas le peuple." Bon. J'ai donné une représentation gratuite (le théâtre sans bureau, le rêve) ; le peuple était là, assis dans un silence impressionnant, avec des larmes qui coulaient. Et vous dites que cela ne l'intéresse pas !"



"L'Art donne unité et harmonie à ce qui, dans la vie, est chaos et discorde."

duncan-isadora2.jpg




"Pourquoi nos enfants devraient-ils plier le genou dans cette danse fastidieuse et servile, le menuet, ou tourner dans le labyrinthe de la fausse sentimentalité de la valse ? Qu'ils avancent plutôt à longues enjambées, par sauts et par bonds, le front haut, les bras largement étendus, qu'ils traduisent en dansant le langage de nos pionniers, le courage de nos héros, la Justice, la Bonté, la Pureté de nos grands hommes d'Etat et tout l'amour, toute la tendresse de nos mères. Quand les petits Américains danseront ainsi, la danse fera d'eux des êtres magnifiques, dignes de porter le nom de la plus grande des démocraties. Ce sera véritablement la danse de l'Amérique."

Isadora-Duncan-pupils.jpg
Isadora et ses élèves de la Grunewald School, 1908,
photographie de Paul Berger







Les photos de cet article sont issues du site internet de la Fondation Isadora Duncan Dance Foundation :  http://www.isadoraduncan.org/index.html


Fresque 1diff copie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

beatrice pegaz-fiornet 17/12/2012 22:23

Bonjour,

Une simple précision, la deuxième photo en partant du bas ne représente pas Isadora Duncan mais Lori belilove, interprête américaine.

Julie Portanguen © 2015 -  Hébergé par Overblog